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[Blanc la Goutte]
Grenoblo malherou, suivi du Dialoguo de le quatro comare.
Description de l'exemplaire (Voir : Notes sur la description des ouvrages)
[Grenoble, Courreng, Libraire], s.d.,
in-8° (213 x 138 mm), 26-[2] pp.
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Première
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Première
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Notes sur l'ouvrage
Le poème anonyme Grenoblo
malhérou a
été écrit par Blanc la Goutte
après une inondation brusque et catastrophique qui
dévasta Grenoble les 13 et 14 septembre 1733. Ce
poème est écrit en langage grenoblois, qui est
appartient
à la famille du franco-provençal.
La première
édition est :
Grenoblo malherou. A
Monsieur ***, Grenoble, André Faure, 1733,
in-4°, 26 pp.
Une deuxième
édition est
complétée par un
poème, toujours en langage de Grenoble : le Jacquety de le Comare
:
Recueil de
poésie en langage
vulgaire de Grenoble, contenant l'Epitre à Mademoiselle ***,
sur
les réjouissances à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Dauphin, Grenoblo malherou et le Jacquety de le Comare,
Grenoble, André Faure, s.d. [1741], in-8°, 36 pp.
Ce deuxième
poème, aussi connu sous le titre de : Dialoguo de le quatro comare,
accompagnera en général toujours le Grenoblo malhérou.
Ces deux éditions sont rares.
Ensuite, au début du XIXe siècle, il y eut quatre éditions par des imprimeurs ou libraires grenoblois, toutes sans date : Giroud (voir notice), Cuchet, une édition sans lieu ni nom et, enfin, cette édition imprimée pour le libraire Jean François Courenq, fils.
En effet, cette plaquette
porte l'adresse de Courreng (sic),
Libraire, au Jardin de la ville. Sous la Restauration, il existait
à Grenoble un libraire du nom de Jean François
Courenq,
fils, dont on trouve plusieurs ouvrages :
- Catalogue du nouveau
cabinet littéraire de Courenq fils, libraire place St
André, au palais, Grenoble, 1819 (BMG :
O.10302, Dauphinois)
- Cahier de bagues,
Grenoble, Se vend chez Courenq marchand libraire sous la voute du
jardin (BMG : O.7073)
- Le Nouveau
Secrétaire de la
cour de France, contenant 1° l'art épistolaire ;
2° des
modèles de pétitions... 3° des
modèles de
lettres... Troisième édition. On
trouve à
la BNF 5 exemplaires, tous de la 3e édition, avec l'adresse
:
Grenoble, Coureng fils, et les dates de 1824, 1829, 1830, 1832 et 1838.
Il s'agit d'une impression de qualité médiocre. Il n'y a pas de faux titre et la page de titre ne porte aucune autre indication que le titre. L'adresse se trouve au pied de la dernière page. L'ouvrage se termine par un feuillet blanc. L'état d'usage de cet exemplaire est celui de ce type de publications populaires, beaucoup manipulées et imprimées sur du papier de médiocre qualité.
Le Grenoblo malherou et le Jacquety de le Comare ont souvent été cités ou réimprimés dans des ouvrages sur les "patois" du Dauphiné.
P.-V. Chalvet, dans son édition de la Bibliothèque du Dauphiné, de Guy Allard ne connaît pas Blanc la Goutte. Il faut attendre la première étude sur le parler dauphinois pour qu'une place lui soit faite. J.-J. Champollion-Figeac, dans ses Nouvelles recherches sur les patois ou idiomes vulgaires de la France et en particulier sur ceux du département de l'Isère, parues en 1809, consacre quelques pages au poète : "Mort depuis plusieurs années, [il] a laissé parmi ceux qui l'ont connu une réputation que ses saillies, ses bons mots, son humeur joviale et sa gaieté constante au milieu de ses infirmités lui conserveront long-temps encore." (p. 98). Sur le Grenoblo Malhérou et la Coupi de la Lettra, il y trouve "un intérêt soutenu par une grande facilité de composition, et par un bon choix de détails et d'expressions assaisonnées d'un peu de critique." (p. 98). En revanche, il passe rapidement dur le Dialoguo, qu'il n'attribue pas encore à Blanc la Goutte. Le seul texte reproduit dans son ouvrage est la Coupi de la lettra (pp. 103-109) dont c'est la première réédition depuis sa parution en 1741.
Ensuite, le premier recueil de textes en "patois" dauphinois : Poésies en langage patois du Dauphiné, Grenoble, Prudhomme, 1829, publie le Grenoblo Malhérou (pp. 1-18), suivi du Dialoguo (pp. 19-26), qui reste toujours anonyme.
Paul
Colomb de Batines, dont on connaît
l'intérêt pour le "patois du Dauphiné",
entreprend
de publier un ouvrage plus ambitieux et plus complet sur ce sujet,
précédé par une préface. Il
y a eu deux
éditions,
- Poésies en
patois du Dauphiné, Grenoble, imprimerie de
Prudhomme, 1840
- Poésies en patois du
Dauphiné, deuxième édition revue et
augmentée, Grenoble, F. Allier
père et fils, 1859
La préface ne donne que quelques renseignements
bibliographiques sur les deux poèmes, mais l'auteur du Dialoguo, n'est
toujours pas identifié. Comme Champollion-Figeac,
il pense qu'il a paru avant le Grenoblo
Malhérou. Les deux poèmes sont
reproduits (édition de 1859) : Grenoblo malhérou
: pp. 19-40 et Dialoguo
de le quatro comare : pp. 41-50.
L'année 1859 est riche en événements pour ces poèmes. En effet, suite aux inondations catastrophiques de cette année-là, J.-J-.A. Pilot de Thorey publie une étude Grenoble inondé, Maisonville père et fils, 1859. Parmi les nombreuses pièces recueillies dans cet ouvrage, il y a une publication du Grenoblo malhérou (pp. 31-53) avec des notes et suivie par une Notice sur Blanc la Goutte (pp. 54-59). C'est la première étude sérieuse sur le poète, qui contient de nombreux renseignements biographiques ainsi qu'une bibliographies complète. Pilot de Thorey est le premier qui attribue indubitablement le Dialoguo à Blanc la Goutte. Dans le même ouvrage, sont publiés avec des notes la Coupi de la lettra (pp. 73-80), première publication depuis l'ouvrage de Champollion-Figeac, et le Dialoguo (pp. 85-93). Pour la première fois, les trois textes se trouvent rassemblés, avec un appareil critique.
La même année, Diodore Rahoult et E. Dardelet lance la publication par livraisons du Grenoble Malhérou, magnifiquement illustrée par D. Rahoult. La dernière livraison est disponible en 1864, formant l'ouvrage : Poésies en patois du Dauphiné, Grenoble, Rahoult et Dardelet, Editeurs, 1864, illustrée par D. Rahoult, avec une préface de George Sand. Il sera suivi en 1874 par Poésies en patois du Dauphiné, Grenoble, Rahoult et Dardelet, Editeurs, Baratier Fres et Dardelet, Libraires, 1874 avec la publication de la Coupi de la lettra et du Jacquety de le comare, qui, pour l'occasion, retrouve son titre originel.
Enfin, ces poésies seront
reprises dans un ouvrage de Jean Lapaume :
Anthologie nouvelle,
Recueil des poésies patoises des bords de l'Isère,
Grenoble, Prudhomme, Giraud et Cie, 1866,
suivie d'une nouvelle édition :
Recueil de poésies en
patois du Dauphiné, Grenoble, Xavier
Drevet, Editeur, 1878.
Dans le Commentaire
de ces
ouvrages, J. Lapaume critique l'édition des
poèmes de
Blanc la Goutte. Il considère qu'elle est fautive et pleine
d'incorrections qu'il entreprend de corriger.
On peut aussi signaler cette
édition :
Poésies en
patois du Dauphiné, Grenoblo malhérou,
Grenoble, Maisonville, 1883, in-8°, 47 p.
Depuis, à notre connaissance et hors les réimpressions des ouvrages précédents, la dernière publication des poèmes est l'édition des œuvres complètes de Blanc-la-Goutte : Blanc la Goutte, Poète de Grenoble. Oeuvres complètes. Grenoble, Le Monde Alpin et Rhodanien, 4/2002.
Pour revenir
à l'édition originale de 1733, dont les
exemplaires sont très rares, signalons que le catalogue
de la vente Génard en proposait un,
relié en
maroquin par Chambolle-Duru (n° 294) :
« Rarissime
édition originale de ce charmant poème patois qui
manque
à la plupart des collections
dauphinoises ». Il
contient une lettre signée De Lorme, indiquant que cet
exemplaire « est le premier qui sort de
chés
l'imprimeur ». Il a été
représenté à la vente Genard de mai
1886 sous le
n° 67 et adjugé 67 fr.
Il est passé en vente à Grenoble le 16 octobre
2000
(n° 161) et a été vendu 4 500 fr. (686
€), avec
les ex-libris des bibliothèques Couturier de Royas et
Génard.
Dans sa plaquette, Le
poète François Blanc dit Blanc-la-Goutte,
Grenoble, 1907, G. Vellein cite cet exemplaire et le fait qu'il est
passé en vente deux fois, mais il ne tranche pas sur le fait
de
savoir si c'est le même exemplaire et deux exemplaires
différents. Il signale que lors de la première
vente,
l'exemplaire a été acheté par Albert
Ravanat,
libraire à Grenoble, pour 220 frcs. C'est en s'appuyant sur
le
contenu de la lettre jointe à cet exemplaire que A. Ravanat
a
remis en cause les conclusions de Pilot en Thorey, en
avançant
qu'André Blanc était l'auteur des
poèmes, en lieu
et place de François Blanc. Les informations de
cette lettre ont été reprises par Vicaire dans sa
notice
sur l'édition de 1864 (I, 812-813) et, depuis, par tous les
catalogues de libraires.
Notes sur l'exemplaire
Cartonnage bradel percaline verte du
XIXe siècle, titre doré.
Léger manque de papier à un coin du titre, avec
réparation.
Premier contre-plat : Ex-libris armorié avec une devise en
latin
et l'indication : « Ex bibliotheca Henrici
Maillefaudi de
Albenc » (voir ex-libris
dauphinois).
Page de garde : Ex-libris avec un grand dessin gravé, une
devise
en latin et l'indication : « ex-libris Daniel
Mourral » (voir ex-libris
dauphinois).
Mentions manuscrite sur une page de garde : « Copie
de
Courreng » et « Inondation de
Grenoble
1733 »
Commentaire personnel
A defaut de posséder un exemplaire de l'édition originale, c'est un plaisir de posséder ce rare texte, dans son jus, comme un témoignage de cette littérature populaire qui n'avait pas encore été "annexée" par le savoir savant.
Références (Voir : Liste des sources et références)
Notice biographique de Blanc la Goutte
Sur les ex-libris : Les
ex-libris dauphinois
Un article intéressant sur franco-provençal
grenoblois : http://www.rene-merle.com/article.php3?id_article=284
Références pour
l'édition "Courreng" :
Bibliographie de Grenoble
inondé, p. 58
Rochas : I, p. 142 : II
Maignien (anonyme) : 1070
Perrin : 85
SdB : 588 (5 fr.)
Un seul exemplaire au CCFr : Bibliothèque municipale. Rouen,
Seine-Maritime : Mt Br 19810, Fonds Cas (absent de la BNF et de la
BMG).